Brûlée par mon ex, sauvée par mon mystérieux mariChapitre 1
Chapitre 1 compte environ 4 490 caractères et constitue l’un des 3 chapitres d’ouverture catalogués sur ce site.
Quand Tristan Mercier a rompu nos fiançailles, tout le monde a dit que ma vie était foutue.
J’avais passé cinq ans avec lui, et ma réputation était déjà en miettes à force de vouloir m'adapter à son style de vie décadent.
Plus personne ne voulait rien avoir à faire avec une fille comme moi.
Quand Tristan s'est trouvé une nouvelle petite amie, tout le monde s'attendait à ce que je revienne en rampant, le suppliant de me reprendre comme un chien perdu.
Mais ce qu’ils ne savaient pas, c’est que j’avais accepté de mon plein gré un mariage arrangé à Genève, en prenant la place de ma petite sœur.
Avant de partir, je lui ai rendu le coffret à bijoux qu'il m'avait offert quand il me faisait la cour, ainsi que la carte de promesse en blanc qu’il m’avait donnée des années plus tôt.
Je suis partie sans rien.
Ce n’est que la veille des fiançailles de Tristan qu’il a soudainement demandé : « Elle est bien silencieuse en ce moment. Léna Valois est morte ou quoi ? »
Pendant ce temps, moi, qui avais failli m’évanouir quelques instants plus tôt, je me faisais réveiller par les baisers de mon nouveau mari : « Sois sage, Léna. On s'était mis d'accord sur quatre fois, pas une de moins… »
Le jour où Tristan a soudainement dit qu’il voulait se marier, cela faisait trois mois que je ne l’avais pas vu.
La dernière fois qu’on s’était croisés, je l’avais surpris en train de dire à ses potes qu’il s’ennuyait avec moi.
Toute la pièce avait éclaté de rire.
Ils se moquaient de moi, de la façon dont je l’avais suivi pendant cinq ans, sacrifiant ma dignité juste pour lui plaire, pour finir jetée comme un vieux chiffon.
Chez les Valois, ma vie était devenue un enfer ces trois derniers mois. Il y a quelques jours, mon père, Charles, s'était montré particulièrement violent lors d'une de ses crises d'ivrognerie. Les bleus sur mon dos me lançaient encore.
Alors, quand Tristan m’a appelée aujourd’hui, une petite étincelle d’espoir s’est rallumée dans ma poitrine.
J'ai enfilé les bracelets de valeur qu’il m’avait offerts lors de nos fiançailles et j’ai couru le rejoindre.
Quand je suis arrivée à sa villa, Tristan était déjà un peu éméché.
Il était allongé, les yeux fermés, la tête posée sur les genoux d’une jeune fille.
Elle avait l’air d’une étudiante, incroyablement innocente.
En me voyant entrer, la fille qui lui massait les tempes a voulu se lever, paniquée.
Mais Tristan lui a attrapé le poignet.
« Reste là. »
Sans même ouvrir les yeux, il a resserré sa prise.
Il l'a tirée vers lui.
Puis, docile, elle a baissé la tête et l'a laissé l'embrasser langoureusement.
Il a relâché sa main, puis lui a pincé le menton.
Le baiser était lourd, passionné, le bruit ne laissait place à aucun doute.
Je suis restée figée près de l’entrée, serrant mon sac à main, me sentant totalement invisible et ridicule.
J'ai fini par me reprendre, feignant l'indifférence, et j’ai regardé par la fenêtre : « Je vais faire un tour dans le jardin, je reviendrai plus tard. »
À peine ces mots prononcés, Tristan a ricané.
La fille à côté de lui, sentant la tension, s’est rapidement levée : « Je devrais peut-être vous laisser. Laissez mademoiselle Valois approcher. »
Cette fois, Tristan ne l’a pas retenue.
Il lui a caressé la main un instant, puis l’a relâchée à contrecœur : « Il fait froid dehors. Ne va pas attraper froid. »
La fille a souri doucement, a hoché la tête, ses longs cheveux sombres cachant son visage rouge de timidité.
En passant devant moi, elle m’a poliment saluée d’un « bonjour, grande sœur » plein de respect.
J'ai hoché la tête en retour, esquissant un faible sourire.
Elle était si jeune, avec des yeux clairs et timides, tout comme ma petite sœur, Clara.
« Léna, viens là. »
Tristan s’est redressé sur le canapé, tapotant l’espace vide à côté de lui.
Le lustre en cristal projetait des lumières colorées sur son visage sculpté aux traits parfaits.
Ce jeu d'ombre et de lumière le rendait presque irréel.
Pendant un instant, j'ai eu le vertige, le cœur serré par une douleur indescriptible.
Ses yeux magnétiques brillaient sous l'effet de l'alcool, qui colorait aussi légèrement le coin de ses paupières.
Des marques de baisers parsemaient sa clavicule et son cou, bien visibles sous sa chemise entrouverte.
« La fille que tu viens de voir s’appelle Lilou Brunet. »
J'ai hoché la tête : « Oui, je vois. »
« Tu la trouves comment ? »
J'ai réfléchi un instant, puis j'ai répondu sincèrement : « Très innocente, pure, très polie. »
Tristan a hoché la tête : « Elle ne te rappelle pas la Léna d’il y a cinq ans ? »
Je me suis figée.